Moyens de Daech : notre mission remet son rapport au Président de l’Assemblée Nationale – mercredi 20 juillet 2016

La Mission d’information sur les moyens de Daech, dont je suis Vice-Président, a remis son rapport au Président de l’Assemblée nationale.

Dotée des prérogatives d’une commission d’enquête, notre mission a convoqué quelque soixante personnes en audition : chercheurs, diplomates, magistrats, hauts fonctionnaires de la sécurité ou des finances, journalistes, etc.

Vous pouvez accéder à l’ensemble du rapport de cette mission sur le site de l’Assemblée nationale en cliquant ici

Etat d’urgence : mon intervention à la tribune de l’Assemblée nationale – Discussion générale du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence – mardi 19 juillet 2016

ASSEMBLÉE NATIONALE
Deuxième séance du mardi 19 juillet 2016

Intervention de M. Eduardo Rihan Cypel

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, messieurs les ministres, une nouvelle fois notre pays fait face à l’horreur du terrorisme djihadiste, qui a fait couler le sang en France, à Nice, le jour de notre fête nationale. Nous sommes tous endeuillés. Tandis que s’achève à peine le deuil national de trois jours proclamé par le Président de la République et que les familles n’ont pas encore enterré leurs morts, j’exprime ici, avec vous tous, toute notre solidarité, j’adresse toutes nos pensées aux victimes, à leurs familles et à leurs proches.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour examiner et voter le projet de loi de prorogation de l’état d’urgence. Il faut tout de même rappeler des principes simples, dès lors que le débat est ouvert et que des questions sont posées. L’état d’urgence procède de l’État de droit. C’est parce qu’il existe un État de droit que nous pouvons voter un état d’urgence.

C’est dans ce cadre qu’il est possible de déroger à un certain nombre de principes de l’État de droit. Sous la surveillance et le contrôle de l’État de droit, l’état d’urgence sera voté, à une large majorité si j’en crois les positions de chacun des groupes de cet hémicycle.

Il y a un débat sur la question de savoir s’il faut un régime ou des lois d’exception pour lutter contre le terrorisme. Pour nous, la lutte contre le terrorisme doit se faire avec les armes de la démocratie, sous le contrôle de la démocratie, notamment celui de cette assemblée.

Lutter contre le terrorisme suppose deux principes, qui sont aussi ceux de la démocratie : la fermeté, implacable, et la légalité, indispensable. Si nous cédons sur ces principes, c’est l’État de droit qui disparaîtra. Nous aurons alors des lendemains difficiles, car la République française sera sortie du cadre qui est le sien pour entrer dans un régime qui n’est pas sa nature.

Sur le fond, dans la lutte contre le terrorisme, cette nouvelle forme de terrorisme, djihadiste, qui provoque des dégâts partout dans le monde, nous devons la vérité aux Français. Et la vérité commande de dire que le terrorisme djihadiste est une menace de long terme, non seulement pour la France, mais pour toutes les sociétés européennes et partout dans le monde. L’actualité le montre, aucune région du monde n’est épargnée par ce nouveau terrorisme, dont l’idéologie est prônée par Daech : le Moyen-Orient, bien sûr, l’Europe, partout où c’est possible, jusqu’aux Etats-Unis, frappés eux aussi. La menace est large, globale, et peut s’abattre n’importe où, parce que le nombre d’individus concernés est grand. Tant que Daech, son organisation terroriste, le foyer terroriste et l’idéologie qu’il profère résisteront, nous aurons à faire face à ce nouveau risque.

Au-delà des problèmes que la question du terrorisme pose à notre sécurité immédiate, je veux ici travailler avec vous tous et saluer le Premier ministre, le ministre de l’intérieur, le ministre de la défense, qui ont la charge de la sécurité du pays, sous l’autorité du Président de la République. Le travail qu’ils accomplissent avec sang-froid et détermination n’est pas destiné à un camp politique ; c’est un travail pour la nation ; c’est un travail pour le pays. Au moment même où nous enterrons nos morts, nous devons être à la hauteur de la dignité nécessaire. (Protestations sur les bancs du groupe Les Républicains.) Cette exigence, c’est le pays qui le réclame, ce n’est pas l’apanage de la classe politique. Soyons à la hauteur des enjeux ! Car au-delà de la guerre contre le terrorisme djihadiste, nous devons mener une autre guerre : une guerre contre nos propres turpitudes, contre nos propres faiblesses qui peuvent nous conduire à lâcher l’essentiel. (Mêmes mouvements.)

Non, il ne faut pas un régime d’exception pour lutter contre le terrorisme. Nous devons, à côté de l’état d’urgence, être animés d’un état d’esprit où les valeurs fondamentales de la République française sont gardées. Ce n’est pas avec un régime autoritaire, en répétant les erreurs du passé que nous réglerons le problème. Nous devons lutter contre le terrorisme sans aucune forme de bushisme. La représentation nationale doit se rassembler. Il est encore temps qu’elle donne une image qui convienne à notre pays.(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain.)

Célébration des 10 ans de la Plateforme Industrielle Courrier de La Poste à Lognes-Croissy – vendredi 1er juillet 2016

J’étais présent ce matin à la célébration des 10 ans de la Plateforme Industrielle Courrier (PIC) de La Poste à Lognes-Croissy. Sur un site de 26 000 m², plus de 450 postiers travaillent nuit et jour au service de leurs clients. 3 millions de plis sont traités chaque jour par les agents. La PIC est le résultat d’une optimisation et d’une modernisation des services rendus aux citoyens. Cette célébration a été l’occasion de rappeler les différents services proposés par La Poste, appuyant les politiques publiques : renforcement du lien social, dématérialisation, accompagnement dans les économies d’énergie… Cette palette de services et de solutions répond aux défis majeurs  actuels : révolution numérique, transition énergétique, mutations sociétales. Je suis fier et heureux que ce site se trouve sur notre territoire, entre les communes de Croissy-Beaubourg, Lognes et Émerainville, un atout pour l’emploi sur notre secteur.

Cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française – Torcy – jeudi 30 juin 2016

J’étais présent hier à la traditionnelle cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française à la sous-préfecture de Torcy. Dans le moment inédit que nous vivons après le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union européenne, j’ai saisi l’occasion pour parler à nos nouveaux compatriotes des défis qui sont devant nous pour construire une Europe qui réponde aux attentes profondes des peuples européens. J’ai dit ma conviction que notre avenir est au sein de l’Europe mais que l’Europe devait changer profondément pour assurer Protection et Prospérité à tous nos peuples, sans quoi ils s’en détourneront définitivement. Et désormais, nos nouveaux compatriotes auront à prendre part à cette grande question dont l’issue est, à ce stade, incertaine : l’avenir ou la fin de l’Union européenne comme construction politique.

 

Loi sur la transparence et la lutte contre la corruption : mon intervention en réunion des commissions – mardi 24 mai 2016

 

Intervention de M. Eduardo Rihan Cypel lors de l’audition de
M. Michel Sapin, Ministre des Finances et des Comptes publics

sur le Projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption
et à la modernisation de la vie économique n° 3623

au cours de la réunion en commissions du mardi 24 mai 2016 à 9h30

 

« Monsieur le ministre,

Je voudrais vous saluer pour votre engagement à travers cette loi et, à travers vous, celui de  l’ensemble de Gouvernement.

C’est une loi très importante parce que la lutte contre la corruption doit être un effort permanent, constant pour toutes les Démocraties et je crois que ce qui mine nos démocraties, ce sont justement l’existence encore de faits de corruption. La lutte contre la  corruption est pour moi au fondement de mon engagement politique.

Je voudrais vous poser une question relative également à l’Agence nationale de lutte contre la corruption. Pouvez-vous nous préciser sa portée, ses moyens ?

Je m’associe aux propos du rapporteur Sébastien Denaja, ainsi qu’à ceux qui viennent d’être prononcés par mon collègue Yann Galut, sur le besoin de renforcer le Parquet National Financier pour que l’Agence que nous allons mettre en place par la nouvelle loi puisse avoir tous les moyens possibles pour lutter de manière très efficace contre la corruption, et notamment contre celle à l’échelle territoriale, où nous savons que parfois des liens entre les entreprises privées et quelques élus minent la démocratie à l’échelle locale. »

Pour visionner l’ensemble de l’audition, cliquez ici.

[Tribune] Eduardo RIHAN CYPEL : « Pour un revenu universel d’existence  » – Libération – mardi 10 mai 2016

Pour un revenu universel d’existence
par Eduardo Rihan Cypel , Député PS de Seine-et-Marne,
et Guillaume Mathelier, Docteur en théorie politique, auteur d’une thèse sur le revenu universel, maire PS d’Ambilly (Haute-Savoie)

Alors que l’économie numérique bouleverse l’organisation du travail, il convient de mettre en place un filet de sécurité pour l’ensemble des individus, de la naissance à la mort.

Le premier effet de la robotisation inexorable de notre appareil de production sera une phase de destruction massive qui menacerait 3 millions d’emplois en France à l’horizon 2030, avant que la nouvelle économie numérique ne crée des emplois nouveaux. Comment la France se préparera-t-elle à ces changements radicaux qui menaceront nos équilibres sociaux ? Le modèle social français peut-il résister face à une telle évolution ? A ces questions, nous devons apporter des réponses non seulement pour que notre pays soit aux avant-postes de cette nouvelle économie de l’innovation mais aussi pour qu’on adapte notre modèle social si on veut préserver cette exigence française d’égalité et de justice pour tous.

Un rapport présenté au forum de Davos intitulé «The Future of Jobs» pointent ces évolutions (1). Nous ne pouvons pas, que nous soyons citoyens ou responsables politiques, nous passer de penser les évolutions en cours comme la réorganisation planétaire des facteurs de production et leurs effets sur l’organisation du travail. Le risque serait celui d’un décalage dangereux entre le politique et l’économique où les forces du second prendraient le pas sur celles du premier.

Dans une société où le travail sera discontinu, marqué par des ruptures multiples, où les travailleurs seront dans la configuration des intermittents du spectacle et des auto-entrepreneurs, où le télétravail sera plus développé qu’il ne l’est déjà, il est important d’anticiper la nouvelle société du travail qui vient. Nous voulons passer d’une (re)distribution qui répare à une distribution qui prépare les individus. Nous proposons un revenu d’existence républicain qui replace l’égalité au cœur des attentions.

Notre proposition vise l’«égalité des dotations initiales» et se décline comme suit. Un revenu égal doit être donné à l’ensemble des individus, de la naissance à la mort. Dans un premier temps, de 0 à 18 ans, s’ouvre un compte individuel public qui épargne cette somme accumulée (dotation initiale) mois après mois. Pendant sa scolarité secondaire, le jeune sera invité à élaborer son projet de vie en lien avec son équipe éducative. Nous proposons donc un filet de sécurité dès les premiers moments de toute existence. Il devra pour avoir cette impulsion de montrer à la société son implication en tant que citoyen en faisant obligatoirement un service civique où il pourra affiner ses connaissances au contact de professionnels. Un parrainage d’expérience complétera la transmission de savoirs entre générations et l’entrée dans la vie active.

A partir de 18 ans, et de façon inconditionnelle, chaque citoyen toucherait un revenu d’existence jusqu’à sa mort. Cette somme mensualisée et indépendante de l’emploi salarié devra se substituer au millefeuille d’aides existantes aujourd’hui et offrir plus de liberté de choix à chacun. Il sera, selon notre proposition, appuyé par un revenu complémentaire qui prendrait en compte les disparités territoriales notamment liées au coût de la vie.

Le financement doit s’opérer autour d’un transfert des aides sociales existantes (RSA notamment), d’une disparition des administrations de contrôle social correspondantes (qui n’auront plus lieu d’exister puisque le revenu d’existence sera attribué universellement). D’autres pistes de financement sont possibles comme, par exemple, une taxation plus optimale des transactions financières.

Nous inscrivons le revenu d’existence dans un vaste projet de cohésion nationale embrassant toutes les forces vives de la nation, redonnant de l’espoir aux plus jeunes (en les sortant de l’ornière des conditions de leurs aïeux), et plaçant, qui plus est, l’égalité comme horizon moral partagé pour tous. Il permettra, par ailleurs, de réinjecter du temps créatif au service de la société, de l’économie, de la culture et de nôtre bien-être collectif. Cet effet secondaire du revenu universel n’est, à notre sens, guère à sous-estimer car dans nos sociétés, nous avons tous (et trop…) la «tête dans le guidon», ce qui nuit à notre créativité collective dans tous les domaines.

Nous voulons un grand débat national sur ce projet de société. Pour notre part, nous nous y emploierons pour refonder la gauche qui protège et qui garantit les conditions de l’émancipation. Et changer la société française en profondeur. Après la publication du rapport du député Christophe Sirugue, proposant une refonte générale des minima sociaux, nous voulons placer le débat sur le revenu d’existence au cœur de la campagne présidentielle de 2017.

(1) http://www.weforum.org/reports/the-future-of-jobs

retrouvez l’article sur

http://www.liberation.fr/debats/2016/05/09/pour-un-revenu-universel-d-existence_1451479